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Poésie...

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1 Poésie... le Mar 28 Fév - 9:57

Invité


Invité
Je te donne ces vers



Je te donne ces vers afin que si mon nom 

Aborde heureusement aux époques lointaines, 

Et fait rêver un soir les cervelles humaines, 

Vaisseau favorisé par un grand aquilon,



Ta mémoire, pareille aux fables incertaines, 

Fatigue le lecteur ainsi qu'un tympanon, 

Et par un fraternel et mystique chaînon 

Reste comme pendue à mes rimes hautaines ;



Etre maudit à qui, de l'abîme profond 

Jusqu'au plus haut du ciel, rien, hors moi, ne répond ! 

- Ô toi qui, comme une ombre à la trace éphémère,



Foules d'un pied léger et d'un regard serein 

Les stupides mortels qui t'ont jugée amère, 

Statue aux yeux de jais, grand ange au front d'airain !



Charles Baudelaire



2 Re: Poésie... le Mar 28 Fév - 12:07

Colette1

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C'est beau. Merci Mimi.
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3 Re: Poésie... le Mar 28 Fév - 12:12

Moregan

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Pas très gaie cette poésie Mimi !!!


4 Re: Poésie... le Sam 11 Mar - 13:14

Invité


Invité
Le matin


L'Aurore sur le front du jour 

Seme l'azur, l'or et l'yvoire, 

Et le Soleil, lassé de boire, 

Commence son oblique tour.



Ses chevaux, au sortir de l'onde, 

De flame et de clarté couverts, 

La bouche et les nasaux ouverts, 

Ronflent la lumiere du monde.



Ardans ils vont à nos ruisseaux 

Et dessous le sel et l'escume 

Boivent l'humidité qui fume 

Si tost qu'ils ont quitté les eaux.



La lune fuit devant nos yeux ; 

La nuict a retiré ses voiles ; 

Peu à peu le front des estoilles 

S'unit à la couleur des Cieux.



Les ombres tombent des montagnes, 

Elles croissent à veüe d'oeil, 

Et d'un long vestement de deuil 

Couvrent la face des campagnes.



Le Soleil change de sejour, 

Il penetre le sein de l'onde, 

Et par l'autre moitié du monde 

Pousse le chariot du jour.



Desjà la diligente avette 

Boit la marjolaine et le thyn, 

Et revient riche du butin 

Qu'elle a prins sur le mont Hymette.



Je voy le genereux lion 

Qui sort de sa demeure creuse, 

Hérissant sa perruque affreuse 

Qui faict fuir Endimion.



Sa dame, entrant dans les boccages 

Compte les sangliers qu'elle a pris, 

Ou devale, chez les esprits 

Errans aux sombres marescages.



Je vois les agneaux bondissans 

Sur les bleds qui ne font que naistre ; 

Cloris, chantant, les meine paistre 

Parmi ces costaux verdissans.



Les oyseaux, d'un joyeux ramage, 

En chantant semblent adorer 

La lumiere qui vient dorer 

Leur cabinet et leur plumage.



Le pré paroist en ses couleurs, 

La bergere aux champs revenue 

Mouillant sa jambe toute nue 

Foule les herbes et les fleurs.



La charrue escorche la plaine ; 

Le bouvier, qui suit les seillons, 

Presse de voix et d'aiguillons 

Le couple de boeufs qui l'entraine.



Alix appreste sou fuseau ; 

Sa mere qui luy faict la tasche, 

Presse le chanvre qu'elle attache 

A sa quenouille de roseau.



Une confuse violence 

Trouble le calme de la nuict, 

Et la lumiere, avec le bruit, 

Dissipe l'ombre et le silence.



Alidor cherche à son resveil 

L'ombre d'Iris qu'il a baisee 

Et pleure en son ame abusee 

La fuitte d'un si doux sommeil.



Les bestes sont dans leur taniere, 

Qui tremblent de voir le Soleil, 

L'homme, remis par le sommeil, 

Reprend son oeuvre coustumiere.



Le forgeron est au fourneau ; 

Voy comme le charbon s'alume ! 

Le fer rouge dessus l'enclume 

Estincelle sous le marteau.



Ceste chandelle semble morte,

Le jour la faict esvanouyr ;

Le Soleil vient nous esblouyr :

Voy qu'il passe au travers la porte !



Il est jour : levons-nous Philis ; 

Allons à nostre jardinage, 

Voir s'il est comme ton visage, 

Semé de roses et de lys.



Théophile de VIAU   (1590-1626)

5 Re: Poésie... le Sam 11 Mar - 17:14

Nade

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Des images très vivantes !!!

6 Re: Poésie... le Sam 11 Mar - 23:59

poppy

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Je découvre ces poésies ...Merci Mimi

7 Re: Poésie... le Dim 12 Mar - 14:11

Invité


Invité
La résistante Gisèle Guillemot est âgée de 21 ans lorsqu’elle écrit ce poème dans la prison de Fresnes. Condamnée à mort puis déportée à Mauthausen, elle survivra à la guerre.


« À ma mère »



« Ecoute Maman, je vais te raconter


Ecoute, il faut que tu comprennes


Lui et moi on n’a pas supporté


Les livres qu’on brûlait


Les gens qu’on humiliait


Et les bombes lancées


Sur les enfants d’Espagne


Alors on a rêvé


De fraternité...



Écoute Maman, je vais te raconter


Écoute, il faut que tu comprennes


Lui et moi on n’a pas supporté


Les prisons et les camps


Ces gens qu’on torturait


Et ceux qu’on fusillait


Et les petits enfants


Entassés dans les trains


Alors on a rêvé


De liberté



Écoute Maman, je vais te raconter


Écoute, il faut que tu comprennes


Lui et moi on n’a pas supporté


Alors on s’est battu


Alors on a perdu



Écoute Maman, il faut que tu comprennes


Écoute, ne pleure pas...


Demain sans doute ils vont nous tuer


C’est dur de mourir à vingt ans


Mais sous la neige germe le blé


Et les pommiers déjà bourgeonnent


Ne pleure pas


Demain il fera si beau »


(1943)

8 Re: Poésie... le Dim 12 Mar - 17:11

Nade

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Admin
Mimi, c'est absolument magnifique !!!  ffffff

9 Re: Poésie... le Dim 12 Mar - 17:14

Invité


Invité
dddddd  Nade


L'orgueil



Non plus parce qu'il vit d'angoisse et de souffrance,

 
Mais parce qu'à chaque heure il crée une espérance, 



L'âpre univers est plein de foi.

 
Il n'importe que sous les toits,

 
Dans les demeures,

 
Quand le jour naît ou qu'il décroît,

 
Les prières au Christ en croix

 
Se meurent.



Efforts multipliés en tous les lieux du monde, 



C'est vous qui recélez les croyances profondes : 



Qui risque et qui travaille, croit ; 



Qui cherche et qui invente, croit encore ; 



Les lumières de chaque aurore 



Ressuscitent, fatalement, au fond des coeurs 



La confiance en leur ardeur.





Désormais c'est l'orgueil qui s'attaque au mystère 



Que toujours nous propose et nous cause la terre, 



Orgueil jeune et joyeux qui se mue en ferveur 



Pour ne jamais se rebuter devant l'obstacle 



Et soi-même créer le quotidien miracle 



Dont a besoin l'esprit humain.





Ô croyance en mon front, en mes yeux, en mes mains, 



Croyance en mon cerveau que la recherche enivre, 



Croyance en tout mon être ardent, vibrant, dardé, 



Comme vous me faites plus sûr et décidé 



Dans le danger et la gloire que j'ai 



De vivre !





Depuis que je me sens 



N'être qu'un merveilleux fragment 



Du monde en proie aux géantes métamorphoses, 



Le bois, le mont, le sol, le vent, l'air et le ciel 



Me deviennent plus fraternels 



Et je m'aime moi-même en la splendeur des choses.





Je m'aime et je m'admire en tel geste vermeil 



Que fait un homme à moi pareil 



En son passage sur la terre. 



Tout comme lui je suis doté 



De génie et de volonté 



Et ce qu'il fait, je le puis faire.





Avec mes deux poumons, je respire l'exploit 



Que m'apporte le vent de tous les points du monde. 



Est mien, tout penser clair, utile, allègre et droit 



Dont j'ai senti l'audace en mon âme profonde.





Ainsi 



Je communie 



Avec toute la vie 



Et des choses et des êtres. 



Je me prodigue en tout, comme tout me pénètre, 



Vice, vertu, mérite ou faute. 



Tout mon orgueil s'exerce à bellement souffrir 



Et quand il le faudra à fièrement mourir, 



Pour n'abaisser jamais ma force intense et haute.





Emile Verhaeren

10 Re: Poésie... le Dim 12 Mar - 17:22

Nade

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Tu vois, j'aime moins les grandes envolées avec des expressions grandiloquentes et des mots emphatiques ...

Mais ce n'est QUE mon ressenti !!! :

11 Re: Poésie... le Mer 15 Mar - 18:03

Moregan

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12 Re: Poésie... le Mer 15 Mar - 20:43

Nade

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C'est très beau, Moregan !!

13 Re: Poésie... le Jeu 16 Mar - 6:27

Colette1

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Merci les amis de nous faire redécouvrir les poètes de notre jeunesse comme Emile Verhaeren ou d'autres !!
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14 Re: Poésie... le Jeu 16 Mar - 12:22

Moregan

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15 Re: Poésie... le Jeu 16 Mar - 17:25

Colette1

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J'aime beaucoup, c'est si frais!!! Merci.

16 Re: Poésie... le Jeu 16 Mar - 21:15

Nade

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Que les élèves des petites classes doivent aimer apprendre cette poésie !!!

17 Re: Poésie... le Jeu 16 Mar - 21:15

Nade

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Et zut ! Je réagis encore en instit !!!  ,,,,

18 Re: Poésie... le Ven 17 Mar - 8:45

Moregan

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Normal intist  un jour instit toujours .......................................... ))

19 Re: Poésie... le Mer 22 Mar - 15:37

Invité


Invité
« L'avenir n'appartient à personne »


En 1835, trois ans après la mort du Roi de Rome ( l'Aiglon ), en pleine napoleomania, le jeune Victor Hugo publie un vibrant poème sur la destinée météorique du Roi de Rome :


« Quand il eut bien fait voir l'héritier de ses trônes
Aux vieilles nations comme aux vieilles couronnes,
Eperdu, l'œil fixé sur quiconque était roi,
Comme un aigle arrivé sur une haute cime,
Il cria tout joyeux avec un air sublime :
- L'avenir ! l'avenir ! l'avenir est à moi !
Non, l'avenir n'est à personne !
Sire, l'avenir est à Dieu ! »


(Victor Hugo, Les Chants du Crépuscule, 1835)

20 Re: Poésie... le Lun 27 Mar - 9:30

Invité


Invité
La Complainte 

Que sont mes amis devenus
Que j'avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L'amour est morte
Ce sont amis que vent me porte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta 


Avec le temps qu'arbre défeuille
Quand il ne reste en branche feuille
Qui n'aille à terre
Avec pauvreté qui m'atterre
Qui de partout me fait la guerre
Au temps d'hiver
Ne convient pas que vous raconte
Comment je me suis mis à honte
En quelle manière 


Que sont mes amis devenus
Que j'avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L'amour est morte
Le mal ne sait pas seul venir
Tout ce qui m'était à venir
M'est advenu 


Pauvre sens et pauvre mémoire
M'a Dieu donné, le roi de gloire
Et pauvre rente
Et droit au cul quand bise vente
Le vent me vient, le vent m'évente
L'amour est morte
Ce sont amis que vent emporte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta 

Rutebeuf - 1230 - 1285 - est un poète français du Moyen Âge.)

21 Re: Poésie... le Lun 27 Mar - 10:03

Nade

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J'ai toujours bien aimé les métaphores de ce poème !

Je ne sais plus qui en avait fait une chanson, il y a longtemps ...

Merci, Mimi !!

22 Re: Poésie... le Mer 24 Mai - 13:20

Moregan

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Ronde de Printemps
Marie Krysinska

Dans le Parc, dans le Parc les glycines frissonnent,
Etirant leurs frêles bras –
Ainsi que de jeunes filles
Qui se réveillent d’un court sommeil
Après la nuit dansée au bal,
Les boucles de leurs cheveux
Tout en papillotes
Pour de prochaines fêtes –
Dans le Parc.
Dans les Prés, dans les Prés les marguerites blanches
S’endimanchent, et les coquelicots
Se pavanent dans leurs jupes

Savamment fripées,
Mais les oiseaux, un peu outrés,
Rient et se moquent des coquettes
Dans les Prés.
Dans les Bois, dans les Bois les ramures s’enlacent:
Voûte de Cathédrale aux Silences
Où le pas des Visions se fait pieux et furtif,
Parmi les poses odorantes des Hêtres
Et les blancs surplis des Bouleaux –
Sous les vitraux d’émeraude qui font
Cette lumière extatique –
Dans les Bois.
Dans l’Eau, dans l’Eau près de joncs somnolents
Tremblent les étoiles pluies du soleil
Dans l’Eau,
Et la Belle tout en pleurs
Tombe parmi les joncs somnolents,
Et la Belle
Meurt parmi la torpeur lumineuse des flots:
La Belle Espérance
S’est noyée, et cela fait des ronds
Dans l’Eau.
18 mai 1889.

23 Re: Poésie... le Mer 24 Mai - 20:20

Nade

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Très beau !

Mais, triste fin !!!

24 Re: Poésie... le Jeu 25 Mai - 8:30

Moregan

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triste mais c'est pour mieux refleurir l'année d'après !

25 Re: Poésie... le Mar 30 Mai - 17:10

Invité


Invité
Romance.

Dansez, fillettes du village, 
Chantez vos doux refrains d'amour : 
Trop vite, hélas ! un ciel d'orage 
Vient obscurcir le plus beau jour.

En vous voyant, je me rappelle 
Et mes plaisirs et mes succès ; 
Comme vous, j'étais jeune et belle, 
Et, comme vous, je le savais.
 
Soudain ma blonde chevelure 
Me montra quelques cheveux blancs... 
J'ai vu, comme dans la nature, 
L'hiver succéder au printemps.

Dansez, fillettes du village, 
Chantez vos doux refrains d'amour ; 
Trop vite, hélas ! un ciel d'orage 
Vient obscurcir le plus beau jour.

Naïve et sans expérience, 
D'amour je crus les doux serments, 
Et j'aimais avec confiance... 
On croit au bonheur à quinze ans !

Une fleur, par Julien cueillie, 
Était le gage de sa foi ; 
Mais, avant qu'elle fût flétrie, 
L'ingrat ne pensait plus à moi !

Dansez, fillettes du Village, 
Chantez vos doux refrains d'amour ; 
Trop vite, hélas ! un ciel d'orage 
Vient obscurcir le plus beau jour.

À vingt ans, un ami fidèle 
Adoucit mon premier chagrin ; 
J'étais triste, mais j'étais belle, 
Il m'offrit son cœur et sa main.
 
Trop tôt pour nous vint la vieillesse ; 
Nous nous aimions, nous étions vieux... 
La mort rompit notre tendresse... 
Mon ami fut le plus heureux !

Dansez, fillettes du village, 
Chantez vos doux refrains d'amour ; 
Trop vite, hélas ! un ciel d'orage 
Vient obscurcir le plus beau jour.

Pour moi, n'arrêtez pas la danse ; 
Le ciel est pur, je suis au port, 
Aux bruyants plaisirs de l'enfance 
La grand-mère sourit encor.
 
Que cette larme que j'efface 
N'attriste pas vos jeunes cœurs : 
Le soleil brille sur la glace, 
L'hiver conserve quelques fleurs.

Dansez, fillettes du village, 
Chantez vos doux refrains d'amour, 
Et, sous un ciel exempt d'orage, 
Embellissez mon dernier jour !

Sophie d'Arbouville.( 1810 - 1850 )

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